Matériaux de référence certifiés : guide pour les laboratoires

Un matériau de référence certifié (MRC) est un matériau dont une ou plusieurs propriétés ont une valeur certifiée, accompagnée de son incertitude et d’une traçabilité métrologique, le tout documenté dans un certificat. Il sert à étalonner un instrument, à valider une méthode ou à vérifier la justesse de vos résultats. Ce guide vous explique comment le reconnaître, le distinguer d’un matériau non certifié, lire son certificat, le choisir pour votre matrice et le conserver correctement, avec des exemples canadiens.
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Voir les produitsEn bref
- Un MRC se distingue par ses valeurs certifiées, leur incertitude, la traçabilité et le certificat qui les documente, pas par la seule mention « pureté élevée ».
- Un matériau de référence non certifié reste utile pour le contrôle de routine ou le suivi de dérive, mais il n’apporte pas la même assertion métrologique.
- Le bon choix dépend de la matrice, de la méthode et de l’usage prévu : étalonnage, validation ou contrôle qualité.
- Les instructions du certificat (ouverture, prise d’essai minimale, stockage, validité) font partie de la mesure.
- Pour les alcaloïdes comme la 7-hydroxymitragynine, vérifiez le niveau de documentation réellement fourni et votre cadre réglementaire avant toute commande.
Table des matières
- Ce qu’est un matériau de référence certifié, et à quoi il sert
- MRC, matériau de référence non certifié, étalon : trois notions à ne pas confondre
- Lire le certificat : valeurs, incertitude, traçabilité
- Accréditation : ISO 17034 et ISO/IEC 17025
- Choisir selon la matrice et la méthode
- Conserver et manipuler sans altérer le matériau
- Alcaloïdes et 7-hydroxymitragynine : ce qu’il faut vérifier
- Notre point de vue
- Commander des matériaux calibrés pour la recherche
- Questions fréquentes
- Sources
Ce qu’est un matériau de référence certifié, et à quoi il sert
En chimie analytique, toute mesure se compare à quelque chose. Le MRC est ce « quelque chose » lorsque vous avez besoin d’une valeur dont vous pouvez démontrer l’origine et la fiabilité.
Au Canada, le Conseil national de recherches (CNRC) indique que ses MRC sont traçables au Système international d’unités et servent notamment à l’étalonnage des instruments, à la validation des méthodes et au contrôle de la qualité. Ressources naturelles Canada les présente de façon similaire : un moyen de vérifier la précision des appareils ou des méthodes d’analyse et d’accroître la fiabilité des mesures.
Concrètement, un MRC répond à trois questions que se pose tout auditeur : quelle est la valeur, avec quelle incertitude, et à quelle référence est-elle rattachée. Si l’une des trois manque, vous n’avez pas un MRC, même si le matériau est excellent.
MRC, matériau de référence non certifié, étalon : trois notions à ne pas confondre
Les acheteurs mélangent souvent ces termes, et les fiches produits n’aident pas toujours.
Le Vocabulaire international de métrologie (VIM) fait la distinction : des matériaux avec ou sans valeurs assignées peuvent servir au contrôle de la fidélité, alors que seuls les matériaux avec valeurs assignées conviennent à l’étalonnage ou au contrôle de la justesse. Le Laboratoire national de métrologie et d’essais précise qu’un matériau de référence non certifié peut être homogène et stable, et servir au contrôle, à la comparaison ou au suivi d’une dérive, mais qu’il ne fournit pas la même assertion métrologique qu’un MRC, lequel apporte des valeurs certifiées, une incertitude et une traçabilité.
Quant à l’étalon, l’INRS le définit dans l’usage analytique comme la matérialisation d’une grandeur dont la valeur est connue avec une grande exactitude. Un MRC peut être utilisé comme étalon, mais les deux termes ne sont pas strictement synonymes.
En pratique, la question à vous poser n’est pas « est-ce certifié ? » dans l’absolu, mais « quel niveau de documentation mon usage exige-t-il ? ». Une méthode accréditée, un dossier soumis à un organisme de réglementation ou une comparaison interlaboratoires poussent vers le MRC. Un suivi interne de dérive d’un instrument se satisfait souvent d’un matériau bien caractérisé, stable et homogène. Nous détaillons ces niveaux dans notre guide sur les grades de standards de référence.
Lire le certificat : valeurs, incertitude, traçabilité
Le certificat est le vrai produit. Selon le Guide ISO 31:2015, le certificat d’un MRC fournit la valeur de propriété, son incertitude associée et une déclaration de traçabilité métrologique, et il doit donner les informations essentielles à une utilisation correcte du matériau.
Le NIST décrit la documentation d’un matériau certifié de manière plus détaillée : description et usage prévu, instructions de conservation et d’utilisation, valeurs certifiées et incertitudes, méthodes employées, et période de validité lorsqu’elle est pertinente.
La traçabilité, une chaîne et non une mention
Le CNRC décrit la traçabilité comme une chaîne ininterrompue de comparaisons reliant un résultat, avec une incertitude déclarée, à une référence indiquée, généralement les étalons nationaux canadiens ou des étalons intrinsèques fondés sur des constantes fondamentales. La même politique recommande de conserver la valeur assignée, l’incertitude, l’identité des étalons utilisés et les conditions environnementales pertinentes. Autrement dit, votre propre dossier doit montrer la chaîne, pas seulement le certificat reçu. Notre article sur la traçabilité des matériaux de référence pour les laboratoires canadiens approfondit ce point.
Ce que vous devriez vérifier en trente secondes
Avant de classer un certificat, regardez si la valeur est exprimée avec son unité et son incertitude, si la méthode de caractérisation est nommée, si le numéro de lot correspond au flacon reçu, et si une période de validité et des conditions de stockage sont indiquées. Un certificat sans incertitude chiffrée est un rapport d’analyse, utile, mais d’une autre nature. Un certificat d’analyse (CoA) de lot reste un bon document de contrôle, à condition de ne pas lui faire dire ce qu’il ne dit pas.
Accréditation : ISO 17034 et ISO/IEC 17025
Un fournisseur de MRC sérieux s’appuie sur des normes. Le système de management de la qualité du CNRC pour ses services de mesure et ses MRC repose sur ISO/IEC 17025:2017 et ISO 17034:2016, et s’inscrit dans le cadre de reconnaissance mutuelle du CIPM.
Pour simplifier : l’ISO 17034 vise la compétence des producteurs de matériaux de référence, tandis que l’ISO/IEC 17025 vise celle des laboratoires d’essai et d’étalonnage. Un lot analysé par un laboratoire accrédité 17025 n’est donc pas, en soi, un MRC produit selon l’ISO 17034. Cette nuance est au cœur de notre comparatif ISO 17034 et ISO 17025 pour les acheteurs de laboratoire, et elle évite bien des malentendus en audit.
Choisir selon la matrice et la méthode
Le meilleur MRC est celui qui ressemble le plus à vos échantillons. Trois exemples publics canadiens illustrent la logique.
Le certificat du CGUM-1 du CNRC précise que ce matériau est destiné au développement et à la validation de méthodes ainsi qu’au contrôle qualité de cannabinoïdes dans des produits comestibles ou des matrices similaires. Le DONN-1, publié en 2022, est une solution d’étalonnage certifiée pour le désoxynivalénol, destinée au développement de méthodes et à l’étalonnage d’instruments, avec des valeurs certifiées en fraction massique et en concentration massique. Enfin, le LUTS-1 de Ressources naturelles Canada est un MRC matriciel d’hépatopancréas de homard avec des valeurs certifiées pour plusieurs métaux traces : l’intérêt est d’avoir une matrice proche de ce que vous analysez.
La solution d’étalonnage pure et le matériau matriciel ne répondent pas au même besoin. La première sert à construire une courbe d’étalonnage, le second à vérifier que toute votre chaîne, extraction comprise, donne la bonne réponse. L’INRS recommande d’ailleurs que les étalons soient représentatifs des échantillons et de leur matrice, en intégrant autant que possible les étapes de préparation préanalytique afin de réduire les biais.
Pour décider, posez-vous cinq questions dans cet ordre : quelle propriété mesurez-vous, dans quelle matrice, avec quelle méthode, à quel niveau de concentration, et pour quel usage (étalonnage, validation ou contrôle). Si la commutabilité entre le matériau et vos échantillons réels est en jeu, consultez notre article sur la commutabilité des matériaux de référence.

Conserver et manipuler sans altérer le matériau
Un MRC mal conservé n’est plus un MRC. Le Guide ISO 31 demande que le document d’accompagnement précise l’ouverture du contenant, la taille minimale d’échantillon, la période de validité et les conditions de stockage. Votre rôle est de les respecter à la lettre.
Le certificat du CGUM-1 montre ce que recouvre cette rigueur : il documente l’homogénéité par sous-échantillons, la stabilité aux cycles gel-dégel, au transport et au stockage à long terme, puis intègre ces composantes dans l’incertitude associée. Si vous prélevez moins que la prise d’essai minimale, l’homogénéité garantie ne s’applique plus.
Pour les bonnes pratiques d’utilisation dans les processus de mesure, la norme ISO 33403:2024 décrit l’emploi des matériaux de référence et de leurs différents types selon les applications. Gardez enfin un journal : date d’ouverture, numéro de lot, conditions de stockage, nombre de prélèvements. C’est ce qui sauvera votre audit.
Alcaloïdes et 7-hydroxymitragynine : ce qu’il faut vérifier
Pour une molécule comme la 7-hydroxymitragynine (7-OH), le marché n’offre pas toujours un MRC au sens strict des normes ci-dessus. Beaucoup de laboratoires travaillent donc avec des matériaux de référence caractérisés, accompagnés d’un certificat d’analyse de lot, et documentent eux-mêmes leur démarche. Le CNRC invite à consulter la liste complète des MRC disponibles : c’est le premier réflexe avant de vous tourner vers un autre type de matériau.
Si vous évaluez un matériau de référence de 7-OH, vérifiez : l’identité confirmée par plusieurs techniques, la pureté chiffrée avec sa méthode, la présence d’un CoA par lot, un essai par un laboratoire indépendant, la stabilité et les conditions de stockage, et la clarté sur ce que le document certifie réellement. Notre guide sur la certification des matériaux de référence vous donne une grille de lecture adaptée aux acheteurs canadiens.
Côté réglementaire, la Loi réglementant certaines drogues et autres substances encadre les substances inscrites à ses annexes, et les obligations varient selon la substance, l’usage et le statut de l’acheteur. Avant de commander, confirmez auprès de Santé Canada et de votre service de conformité ce qui s’applique à votre établissement. Ces produits sont destinés à l’analyse en laboratoire, jamais à la consommation humaine.
Notre point de vue
Nous préférons dire clairement ce que nos produits sont. Nos comprimés et poudres de 7-OH et de mitragynine sont des matériaux calibrés pour la recherche, fabriqués localement en Colombie-Britannique, testés par des laboratoires tiers et livrés avec un certificat d’analyse. Nous ne les présentons pas comme des MRC accrédités ISO 17034, et nous pensons que c’est la seule position honnête : un chercheur qui comprend la différence choisira mieux son matériau, et reviendra.
Ce que nous apportons, c’est de la cohérence d’un lot à l’autre. Nous ne revendons rien et ne reconditionnons aucune source inconnue, ce qui permet de suivre l’origine de chaque lot. Pour un laboratoire canadien, la production locale signifie aussi une livraison rapide, sans la complication des douanes transfrontalières. Les formats personnalisables, de 15 mg à 100 mg pour les comprimés, aident à adapter la prise d’essai à votre protocole plutôt que l’inverse.
Notre conseil : lisez le CoA avant de commander, comparez-le à ce que votre méthode exige, et conservez-le dans votre dossier de validation avec le numéro de lot.
— John
Commander des matériaux calibrés pour la recherche
Si votre protocole demande de la 7-hydroxymitragynine, de la mitragynine, du MGM-15 ou du SR17018 sous forme de poudre ou de comprimé calibré, notre boutique réunit l’ensemble de la gamme, chaque produit étant destiné à un usage analytique en laboratoire.

Vous pouvez parcourir les références et leurs formats sur la boutique 7OHYEA, ou consulter directement la fiche de la poudre de 7-OH si vous travaillez surtout à partir de matériau en poudre. Pour des conseils de lecture de documentation avant achat, notre blogue rassemble nos guides pour les laboratoires.
Questions fréquentes
Un certificat d’analyse suffit-il pour parler de matériau de référence certifié ?
Non, pas nécessairement. Un certificat d’analyse de lot atteste des résultats d’essai sur ce lot, alors qu’un certificat de MRC fournit des valeurs certifiées, leur incertitude et une traçabilité métrologique, selon le Guide ISO 31. Les deux sont utiles, mais ils ne servent pas à la même chose.
Peut-on utiliser un matériau non certifié pour valider une méthode ?
Cela dépend de ce que vous validez. Un matériau sans valeurs assignées convient au contrôle de la fidélité, mais pas au contrôle de la justesse, d’après le VIM. Si votre accréditation ou votre client exige une traçabilité, privilégiez un MRC lorsqu’il existe.
Où trouver des MRC canadiens ?
Le CNRC publie la liste de ses matériaux et de ses certificats sur sa page des matériaux de référence certifiés. Ressources naturelles Canada propose aussi des MRC, surtout de type minéral et matriciel.
Que faire si ma matrice n’a pas de MRC équivalent ?
Choisissez le matériau le plus proche de votre matrice et complétez-le par des étalons intégrant vos étapes de préparation, comme le recommande l’INRS. Documentez ensuite vos choix dans votre dossier de validation.
Pourquoi la prise d’essai minimale est-elle si importante ?
Parce que l’homogénéité certifiée n’est démontrée que pour une quantité donnée. En dessous, la variabilité entre prélèvements peut dépasser l’incertitude indiquée sur le certificat, et vos résultats perdent leur lien avec la valeur certifiée.
Sources
- Certified reference materials, Conseil national de recherches Canada
- FAQ sur les matériaux de référence certifiés, Ressources naturelles Canada
- JCGM 200:2008, VIM, section Étalons
- Matériaux de référence et matériaux de référence certifiés, LNE
- Qualité et gestion des équipements de mesure et des étalons, INRS
- ISO Guide 31:2015
- Instrument calibration policies, CNRC
- SRM Definitions, NIST
- Quality Management System, CNRC
- Certificate of Analysis CGUM-1, CNRC
- DONN-1, CNRC
- LUTS-1, Ressources naturelles Canada
- ISO 33403:2024
- Loi réglementant certaines drogues et autres substances
Recommandations
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